samedi 30 décembre 2017

Lecture : "Survival n°11"





Suite à ma première critique de lecture concernant Survie Magazine n°1, je vous propose aujourd'hui mon point de vue sur une autre publication dans le thème survie/survivalisme.

Survival n°11


84 pages (dont 9,5 pages de pub et 5,5 pages de promo interne), format 19,5 x 26,5 cm couleur, couverture matte. Bimestriel à 7,5€. Un aperçu est disponible ici : Survival n°11.
En gros titre, on nous promet des tips pour se défendre, enfin, pour se "protéger" ce qui est un poil différent. Mais se protéger de quoi ? Le bonhomme en première page est sapé comme un résistant avec sa veste commando, sa paire de jumelles et son sac à dos, on s'attend donc à trouver un tuto pour repousser une division de Panzer ! Cependant l'édito nous refait vite descendre sur Terre, car "ce numéro est essentiellement orienté bucolique". Je cris à la publicité mensongère ! Bon, à côté de ça, il faut avouer que l'édito est assez propre, nous incitant à profiter de la saison froide pour se documenter, se faire des fiches techniques, engranger de la connaissance.
Le sommaire met en avant deux articles qui ne se rapportent pas nécessairement au titre tapageur "Savoir se protéger", surtout l'omelette des cheminots russes qui, bien qu'un brun exotique, ne colle pas vraiment au thème général de la survie...

Premier article d'une page sur un test de radio outdoor, qui a déjà été publié en ligne : Test : radio à manivelle The Friendly Swede. L'url raccourci est difficile à lire, on peut confondre le "l" avec un "I" ou un "1"... Comme je l'ai dit pour Survie Magazine, je m'attends à lire des trucs inédits plutôt que des articles web.

Second article, rubrique "Connaissance", sur les plantes indispensables en phytothérapie sur 5 pages. Y sont décrits la sauge, le lin, le thym, le bouillon-blanc et le saule. Le contenu tient la route, l'auteur décrit les différents usages médicinaux. Maîtriser cinq plantes vaut mieux qu'avoir une connaissance parcellaire sur l'ensemble de la pharmacopée naturelle, c'est donc à mon sens une bonne introduction à la phytothérapie.

Troisième article, rubrique "Equipements", de 4 pages sur la Tentsile Flite +, un hybride tente/hamac qui "fait le buzz sur la toile". Même auteur que pour le test de la radio, et déjà publié online : Test : "Tentsile Flite+" mi-tente, mi-hamac. Punaise, faudra-t-il sortir le smartphone avant d'acheter ce magazine pour voir quelle est la proportion d'articles disponibles gratuitement sur le net ?!
Quoiqu'il en soit j'aurais bien aimé trouver des notes pour chaque point de la tente, du genre 10/20 pour le confort etc.

Quatrième article, rubrique "Connaissance", de 5 pages sur la lutte "contre la déshydratation et les autres problèmes dus à la chaleur". Tout à fait dans le thème de la survie, c'est la seconde partie d'un article publié dans un numéro précédent. L'information semble pertinente mais comme dans l'article sur l'eau dans Survie Magazine, la plupart des photos n'apportent malheureusement pas de plus-value.
Un peu de vérification des faits nous montre que l'auteur a pris des libertés en nous donnant la recette de la ration de réhydratation de l'OMS, en effet nulle trace de banane dans les ressources officielles, cet ingrédient est cependant mentionné sur un site dédié à la réhydratation, pour améliorer le goût et apporter du potassium.

Cinquième article, rubrique "Technique", de 3,5 pages sur la hache de combat. On se recentre sur le titre de la couverture, à savoir la protection. On n'y apprend pas énormément de trucs, d'ailleurs les 4 photos qui sont sensées montrer un enchaînement de coups manquent de cohérence entre elles. Les autres photos n'apportent pas de plus-value extraordinaire, c'est quand même dommage de gaspiller de l'encre pour remplir des pages. Typiquement, une photo d'un gars en train de fendre du bois, sous-titrée "La hache est un outil irremplaçable pour le travail du bois", alors ok les citadins sont des manches une fois sortis de la ville, mais je doute qu'un lecteur adulte ait besoin qu'on lui rappelle cette vérité. Une autre photo nous présente trois haches plantées dans un tronc, sous-titrée "Différents types de haches pouvant être utilisées pour le combat", pourrait-on connaître les types en question, du genre "de gauche à droite blablabla" ?

Sixième article, rubrique "Connaissance", de 3 pages sur le Moringa oleifera, un arbre aux "innombrables vertus". Ne connaissant pas cette plante, j'ai apprécié cette présentation. Par contre c'est dommage d'attendre le dernier paragraphe pour apprendre que sous nos latitudes, ça ne pousse qu'en intérieur (d'ailleurs au milieu de l'article il est conseiller de le cultiver "dans un coin de son potager", ce qui n'est pas possible en France, donc incohérence)...
Alors c'est effectivement un arbre miracle mais il ne faut pas compter dessus pour en faire commerce, vu qu'il restera à la taille arbuste. Je pense que l'auteur aurait pu écrire un petit paragraphe pour détailler la multiplication de cet arbre, qui peut se faire tant par semis que par bouture.

Septième article, rubrique "Interview", sur 2 pages concernant le futur salon du survivalisme. 150 exposants annoncés, des activités, des conférences, ça donne envie d'y faire un tour, surtout si on se trouve proche de Paris. Pas grand chose à dire car c'est territoire inconnu pour l'instant. Espérons que ce salon soit à la hauteur de la description qui en est faite !

Huitième article, rubrique "Technique", de 3 pages sur un bras pivotant à hauteur réglable pour faire chauffer la popote en bivouac. Très orienté bushcraft, cette installation pourrait facilement se retrouver dans un camp scout. Les photos sont bien sous-titrées et la marche à suivre plutôt explicite. Vous pouvez lire l'article pour vous en faire une idée sur le forum Instinct de Survie : Un bras pivotant à hauteur réglable

J'arrête de compter les articles... Une double page sur les friandises de noisetier au chocolat, une recette un peu "roots" qui n'a pas vraiment attrait à la survie et dont les photos prennent carrément trop de place.

En 4 pages la description des techniques de survie de l'Armée de terre présentées lors de journées portes ouvertes. Les techniques sont succinctement détaillées, avec le matériel requis, le temps de conception et le nombre d'individus minimum requis. Les photos sont nombreuses mais mal agencées, et elles encombrent plus qu'autre chose. Des croquis auraient été bien plus intéressants, mais la main d'oeuvre coûte cher, un simple appui sur le déclencheur de l'appareil photo permet d'illustrer à bas coût le propos, c'est plus économique... Cet article est très superficiel et ce n'est pas avec ça qu'on va survivre...

En 3 pages une présentation du Resqme, ce petit porte-clé qui permet, lors d'un accident de voiture, de couper les ceintures de sécurité bloquées et de briser les vitres latérales. J'en possède un depuis de nombreuses années mais je n'ai pas eu l'occasion de m'en servir, fort heureusement ! Les photos illustrent bien la description de cet objet et les précautions d'usage sont clairement énoncées : pouce bleu !

Sorte de grand reportage en 7 pages, le récit d'une expédition en vieux tacot bolchévique Zaporojets de 1983, dans la rubrique "Aventure". C'est une sorte de recette pour tuer une vieille bagnole, tout en prenant l'air. À moins qu'un détail m'est échappé, les trois lascars n'ont pas vécu de situation de survie lors de leur périple, mais bon ça hume bon l'aventure, la galère et le cambouis. Disons que ça a le mérite de nous faire voyager, même si l'intérêt est très moyen dans une revue de survie...

Zoom sur le rôle médicamenteux des écorces sur 2 pages. Petit détour en Côte d'Ivoire dans le premier paragraphe avant d'aborder l'usage d'écorce du saule et du bouleau. La méthode nous est donnée pour préparer une infusion d'écorce, mais ce n'est bien sûr qu'une introduction et il nécessitera de se documenter plus longuement dans des livres par exemple.

Présentation sur 3 pages des sous-vêtements techniques Wool Power Lite, écrite par un fin connaisseur. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un test, on peut se faire une bonne idée de la qualité du produit au fil des paragraphes détaillés. On s'étonnera de la photo où une femme portant ces sous-vêtements semble se peler les fesses ! Pour ceux qui veulent optimiser leur préparation dans tous les domaines, et notamment celui de la régulation de la température corporelle qui nous est essentielle.

Guide mycologique sur 4 pages, niveau "débutant" comme il est précisé. Un avertissement sur la consommation des champignons a été judicieusement inséré en début d'article. Le guide est bien structuré, avec en premier la méthode de cueillette, en second la présentation des types de champignons suivi d'un zoom sur cinq espèces facilement reconnaissables et enfin une conclusion. Le sujet des champignons est toujours un peu délicat parce que les espèces sont nombreuses et parfois difficiles à différencier les unes des autres. Je suis étonné de ne pas voir dans leur liste pour débutant le rosé des prés, un type d'agaric proche du champignon de Paris, que l'on peut trouver souvent dans les prairies, poussant en "rond de sorcière".

Dossier en 4 pages sur les chaussettes techniques, par le même auteur que le topo sur les sous-vêtements Wool Power. Article intéressant, illustré notamment par deux photos illustrant le "pied de tranchée", affection du pied en conditions humides et froides qui mène à la gangrène. Ça donne froid dans les bouts de pied ! Les différents textiles utilisés dans les chaussettes sont détaillés, à chaque utilisation son matériau.

Nous arrivons aux omelettes des cheminots russes sur 2 pages, le truc qui ne va pas trop vous servir en situation de survie, surtout que pour réaliser cette recette, "il vous reste à trouver un train à vapeur". L'idée est d'illustrer la "capacité de débrouillardise" des humains, mais franchement c'est plus du folklore qu'autre chose...

Dossier de 6 pages sur les machettes, seconde partie d'un article paru précédemment. Y sont passés en revue les différents modèles de base. Près d'une trentaine de lames photographiées, mais elles n'illustrent que pauvrement les types de machettes détaillés dans l'article. On s'attendrait à avoir une description de type associé à une photo, mais ce n'est malheureusement pas le cas, l'organisation spatiale des photos est à revoir... L'article se termine sur une évidence : "Tanto - Machette à lame Tanto." On aurait pu s'attendre à une petite précision sur l'origine de cette forme de lame, mais la place manquait probablement.

Pour conclure ce numéro, une histoire de survie sur 3 pages à propos des Robertson, une famille de naufragés pendant 38 jours. Comme toujours, toutes les photos ne sont pas utiles aux lecteurs, mais le récit de cette galère qui aurait pu s'avérer mortelle est assez intéressant pour qu'on en retire une bonne impression. Au bout de deux semaines sur leur radeau, la petite famille a dû avoir recours à une technique quelque peu extrême pour s'hydrater sans s'intoxiquer : absorber de l'eau croupie par l'anus, comme l'avait montré ce bon vieux Bear Grylls dans une de ses émissions si ma mémoire est bonne.

En conclusion, Survival me semble avoir un meilleur rapport qualité/prix que le tout nouveau Survie Magazine, mais il y a encore de la marge d'amélioration. Gageons qu'avec le temps ces deux revues atteindront un niveau de qualité plus élevé. Il y a trop de photos inutiles à mon sens, des articles parfois trop superficiels ou qui s'éloignement du thème de la survie.

dimanche 10 décembre 2017

Lecture : "Survie Magazine n°1"



Ayant récemment replongé mon nez dans le monde de la survie, mon regard a été attiré hier soir par deux magazines dans le rayon presse d'une grande surface. Il s'agit de Survie Magazine n°1 et de Suvival n°11. Après les avoir feuilleté, je me suis laissé tenter et j'ai dépensé 7,5€ pour acquérir chacune de ces deux parutions. Je vais partager avec vous mes impressions de lecture et je vous préviens je n'ai pas pris des pincettes !

Survie Magazine n°1


84 pages (dont 11,5 pages de pub), format A4 couleur.
Comme le précise le rédac chef dans l'édito, la presse papier va mal. Forcément, on est en 2017 et Internet est devenu LE vecteur de l'information. Se lancer dans le secteur moribond des magazines est un peu couillu. Le rédac chef ne répond pourtant pas à la question qu'il pose : pourquoi lancer Survie Magazine dans ce contexte économique ? Apporte-t-il une plus-value au lecteur ? Quel est l'avantage concurrentiel qui va le faire survivre, sans jeu de mots ?
Ça se poursuit par "nous tenons à nous différencier du concept de survivalisme américain très centré sur l'apocalypse et l'anxiété", importante précision quand on voit qu'ils sont partenaires du "premier" Salon du Survivalisme alors que c'est un magazine de survie...

Après l'édito, le sommaire et de l'info-pub, un article de 4 pages sur la recherche et le filtrage de l'eau. À quoi sert une photo sous-titrée "Comment fabriquer un filtre à eau", s'il n'y a pas de description de l'installation photographiée ? A priori il s'agit d'un trépied fait de bâtons auxquels sont accrochés trois étages de poches en tissu l'une au dessus de l'autre. Une autre photo d'une demi-page avec un gars qui récupère de l'eau dans un étang avec... roulements de tambour... une bouteille en plastique !! Wouahou ! "La bonne vieille bouteille en plastique s'avère toujours utile." Tu m'étonnes... Une autre photo encore, de distillateur solaire qui, si on ne connait pas le principe de fonctionnement, n'apporte strictement rien au lecteur. On aurait préféré un SCHÉMA !! En parlant du permanganate de potassium comme agent purifiant, il est noté entre parenthèse "attention néanmoins à ce produit" : peut-on en savoir plus ? Qu'est-ce qui est dangereux, la dose ? L'exposition aux yeux, aux muqueuses ?
Un autre truc délirant : "le matin, marchez une petite heure avec votre tee-shirt ou un morceau de tissu noué autour de vos chaussures." L'idée est de récolter de la rosée, mais franchement, vous êtes sérieux en conseillant de marcher aussi longtemps ? Il suffit de trouver une prairie et de traîner le T-shirt sur les herbes...

Article sur les couteaux de survie, s'étalant sur 5 pages. Déjà la première photo, floue, montrant un abri de branches et fougères, avec lit et table intégrés, sous-titrée "Un couteau de survie peut vous servir à construire un abri." Sans blague ? Je croyais que ça servait à se curer le nez... Il faut qu'on m'explique aussi  comme le couteau de survie "peut aussi servir lors du nouage de ses branchages", en parlant du fameux abri si bien illustré. J'ai envie de dire : WTF ?!
Petite citation : "votre couteau vous permet de récupérer des copeaux de bois ou de racler un morceau de bois avec la lame créant ainsi de l'amadou, ce qui s'avère précieux lors de la réalisation de son nid douillet (feather stick) et démarrer un feu sous n'importe quelles conditions." Non mais stop là , j'en suis seulement à la page 14 et j'ai déjà envie de transformer ce magazine en allume-feu... "Récupérer" des copeaux de bois avec un couteau ? Est-ce bien le verbe récupérer ou j'ai la berlue ? Ah mais voilà, il y a une énorme photo pour illustrer cela, sous-titrée "Votre couteau permet de râcler [Ndlr : accent circonflexe authentique] des copeaux de bois pour faire du feu", sauf que le gars est plutôt en train de DÉCOUPER des copeaux... En raclant un morceau de bois, on peut donc créer de l'amadou, toujours selon l'auteur, et lancer un feu même par temps humide youpi ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire... Allez je passe au prochain gag : "Par contre un couteau ne doit pas être simplement choisi car il résiste au bâtonnant, tous les experts en survie vous dirons[..]". Deux coquilles l'une à la suite de l'autre dans une même phrase, je propose une médaille.
Mais le plus dingue c'est le titre "Couteau de survie : lequel choisir ?", alors que juste après on t'explique que c'est un choix très personnel et qu'il n'y a pas de couteau de survie type. Ah bah merde, je croyais qu'on allait me conseiller le meilleur type de couteau pour la survie...

"Marque de fabrique" affichée, les grands reportages. Celui qui fait la couverture porte sur un trappeur en Sibérie prénommé Anatoli. Le reportage tient 8 pages, avec de grandes photos pleine page, mais le texte ne tient en fait que sur une seule page. Il semblerait qu'il n'y ait pas grand chose à dire sur ce bon vieux Anatoli et son vieux fusil de chasse "à la crosse sculptée" (on s'attendrait à voir un dessin de cerf fait à la main, au coin du feu, mais en fait ce ne sont que de vulgaires rainurages). J'aurais aimé trouver au moins un petit encart avec une astuce de survie détaillée et adaptée à ce contexte géo-climatique...

S'en suit un article sur les insectes comme source de nourriture, qu'on peut tout simplement lire en ligne : 5 RAISONS QUI DEVRAIENT VOUS FAIRE PRATIQUER L’ENTOMOPHAGIE. Si j'achète un magazine, ce n'est pas pour trouver des articles disponibles en ligne, non mais quelle arnaque !

Je ne suis même pas arrivé à la moitié du magazine... C'est une situation de survie en elle-même, cette lecture !!!

Suivent 8 pages d'interview d'un formateur "vie dans la nature" et d'un formateur combat/survie/fourre-tout. À un moment ça part en trip philosophique avec une citation de Krishnamurti, se concluant par "aujourd'hui l'homme refuse d'admettre que lorsqu'il tombe, ce n'est pas la faute de son pied." Je propose un dépistage de THC en urgence !!
Trois photos de végétaux avec une légende super utile : "On peut très bien se nourrir avec des plantes, encore faut-il savoir les reconnaître." Vous êtes sérieux ? Donc en gros il faut venir à vos formations pour savoir quelles sont ces plantes ? N'oubliez pas les gugus que j'ai déjà lâché 7,5€, je ne m'attendais pas à vous voir sortir des citations de lama tibétain...
Cela ressemble surtout à de la pub pour leurs formations, et je n'ai pas été vraiment convaincu !

Article self-défense sur la bonne manière d'utiliser une bombe lacrymogène, en 4 pages avec 14 photos différentes pour illustrer le propos. Son auteur Franck Ropers est un expert en Penchak Silat dont on retrouve les vidéos sur internet. Le gars pèse dans le game pour ainsi dire, on n'a pas envie de le taper pour le fun. Il y a un nécessaire paragraphe sur la législation qui prohibe bien sûr le port des bombes lacrymo et un autre sur la légitime défense (à mon sens incomplet). Les aspects techniques sont bien expliqués, le magazine n'est peut-être pas tout à brûler en définitive. Le seul truc qui me chagrine c'est que les photos d'illustrations sont prises dans la rue alors qu'il est bien mentionné que le port d'une lacrymo est interdit dans ce contexte-là (ok j'en conviens, c'est de la connerie législative).

Article "bushcraft" de 6 pages du bien connu David Manise, en fait des extraits de son dernier livre "Manuel de (sur)vie en milieu naturel". Pour avoir jeté un coup d’œil à la copie pirate qui traîne sur le net, il donne vraiment envie de l'acheter. L'article est tagué "Bushcraft" mais le contenu est centré sur "La puissance du mental" en situation de survie, surtout que sur la couverture du magazine on peut lire "Bushcraft - David Manise - La survie en milieu naturel" et j'ai envie de dire quel rapport ?
Contenu intéressant car écrit par un expert qu'on ne présente plus, mais c'est dommage que ce ne soit pas du contenu inédit. Si je possédais déjà une copie de son livre, je serais un peu frustré de tomber sur ces extraits.

Ensuite on tombe sur un dictionnaire d’abréviations anglo-saxonnes typique du tant décrié survivalisme américain (#TEOTWAWKI). Très utile pour survivre...

Quatre pages sur la cueillette des plantes sauvages. J'adore la pauvre photo d'une châtaigne perdue sur sa feuille, sous-titrée "une châtaigne". Faut vraiment être un parisien de troisième génération pour ne pas savoir ce qu'est une châtaigne ! C'est un article assez généraliste qui présente quelques photos de plantes comestibles probablement insuffisantes pour les repérer sans danger dans la nature. J'aurais préféré un focus sur trois ou quatre plantes, avec schémas, photos et moult détails. On saluera cependant la présence d'un encadré sur la législation de la cueillette.

Encore un "grand reportage" de 8 pages, cette fois-ci avec beaucoup plus de texte que pour celui du trappeur sibérien, traitant d'un stage commando au Gabon : la piste Malibe. Le style d'écriture est de bonne qualité, et on se laisse vite entraîner dans la jungle par l'auteur. C'est franchement cool mais on croirait lire un numéro de RAID, pas sûr que cela apporte grand chose au lecteur qui s'attend à lire des trucs sur la survie.

Puis un article de 4 pages intitulé "Le kit de survie ou bug out bag" rubrique "Pratique" (notons que sur la couverture il était annoncé comme "Le sac d'évacuation ou Bug Out Bag" rubrique "Matériel", c'est brouillon au possible). Dès la première phrase ça part en sucette : "Le pape du survivalisme est français". Ah bon ? L'auteur n'est visiblement jamais sorti de sa chaumière... Que dirait Rawles, Saxon et les autres en lisant cette phrase ? Je veux bien reconnaître que Vol West est le pape du survivalisme francophone, mais de là à en faire le pape du survivalisme en général, faut pas pousser Mémée dans les orties ! Troisième phrase de l'intro : "Plus de 400 000 personnes visitent son blog !" et là j'ai envie de demander, par jour, par semaine, par mois, par an ? Mais où est-ce qu'ils ont dégoté ces pigistes bordel !? Fin de l'intro avec une coquille extra : "Burn Out Bag". Oh Jackie faut prendre un congé parce que là t'es en burn out mon gars !
Il nous sort au premier paragraphe une citation de Kissinger : "Si vous n'entendez pas les tambours de guerre, c'est que vous êtes sourd ! La survie, c'est pour demain." et s'empresse de dire que la survie ce n'est pas le survivalisme, mais c'est bizarre parce que l'article parle du BOB du "pape du survivalisme".... Heureusement le reste de l'article tient la route, probablement parce que la source est correcte !

On approche de la fin, avec un article de 6 pages sur "Faire face à un chien" dans la rubrique "Comportement". Une page est consacrée à un rappel de la législation sur les chiens dangereux, et la photo d'une gueule prend une autre page. Je ne m'intéresse pas trop aux chiens donc je ne saurais évaluer la qualité de l'information, mais de mon avis de béotien, ça a l'air de tenir la route.

Avant dernier article, 3,5 pages de "Test Matos" sur les "Bottes tactiques". 8 paires testées par 5 personnes, avec un prix de 95 à 200€. Petit encadré sur les nouvelles chaussures de l'Armée française. Je doute que cet article ait sa place dans un magazine de survie, un peu comme le reportage sur le stage commando, mais il en faut pour tous les goûts !

Pour conclure un article de 3 pages sur "La thermorégulation : une base pour la survie" rubrique "Pratique". C'est une bonne chose qu'ils abordent la priorité numéro un en cas d'urgence. Pas d'info farfelue, on a même droit à un tableau de refroidissement éolien. Tu sens la patte "no bullshit"de Vol West.

Ainsi s'achève ma lecture, j'avoue que je suis plutôt déçu par tant la forme que le fond d'une grande partie de ce magazine. Peut-être est-ce dû à sa jeunesse ou peut-être que mon œil d'amateur averti qui s'intéresse à la survie depuis une vingtaine d'années s'attendait à un produit plus riche et propre pour les 7,5€ qu'il coûte ?
Trop de fautes, d'accents oubliés, de retours à la ligne intempestifs, on se demande si le texte a été relu avant de partir à l'impression ! Ça me rappelle le livre auto-édité de FerFAL...

samedi 31 décembre 2016

Retrospective

Voilà plus d'un an que je n'ai pas alimenté ce blog, et cela pour deux principales raisons : d'une part je me suis lancé dans une formation qui me prend du temps, et d'autre part j'ai délaissé les lectures catastrophistes en me tournant vers le futur avec un regard plus optimiste.

Le 31 décembre 2012, je m'étais fixé des objectifs de vie à remplir dans les cinq années qui allaient suivre. Il me reste encore une année pour réaliser ce "plan quinquennal" personnel, qui comporte des objectifs comme "entretenir un potager/verger" ou encore "travailler proche de mon domicile, voir même à mon domicile" qui participent à augmenter ma résilience et mon autonomie par rapport au complexe système d'approvisionnement en ressources à la base de notre société.

Ma bibliothèque contient aujourd'hui environ 3 000 livres pour la plupart achetés d'occasion, couvrant de nombreux sujets. Croyez-moi vous n'aurez jamais assez de livres. Si j'en ai la place, j'aimerais atteindre les 10 000 livres de manière à avoir des ouvrages sur absolument tout ou presque. Pour éviter de retourner à l'âge de pierre en cas d'effondrement civilisationnel, la connaissance et la culture sont tout aussi importantes que les outils, les sources d'énergie ou les semences adaptées à votre environnement.

J'ai poursuivi la construction d'une petite "BAD" entamée en 2015, j'espère être hors-air et hors-eau d'ici à l'automne 2017. D'un volume total de 100 m3 environ, ce bâtiment me servira à entreposer une partie de mon bazar survivalistique et le cas échéant à me servir de maison. J'en ferais une présentation quand il sera terminé.

Je crois qu'en 2016 je n'ai tiré aucune cartouche,  c'est bon pour la nature mais ça fait rouiller les réflexes. En attendant je garde la forme, à l'automne 2015 j'ai couru l'équivalent d'un semi-marathon et je continue à courir, lever de la fonte etc. La santé avant tout !

Je compte compléter mes stocks de nourriture car certains paquets de riz ou de lentilles que j'avais fait il y a de ça plusieurs années n'avaient pas tenu. Ça ne coûte finalement pas très cher de s'assurer quelques mois de nourriture vraiment basique, pour ne pas crever de faim.

L'avenir nous réserve plein de surprises, et je n'ai absolument aucune idée de leur nature, bonne ou mauvaise. Gardons un œil ouvert, et le bon !

Over & Out.

vendredi 3 juillet 2015

Le choix des armes à feu (traduction)



[Étant occupé par le terrassement pour un futur bâtiment qui fera l'objet d'un article, je n'ai pas vraiment le temps d'être créatif, c'est pour cette raison que je continue la traduction. Aujourd'hui nous nous penchons sur le sujet des armes à feu. Article précédent : Camouflage]

ARTICLE ORIGINAL : Firearm Choices

La première règle du combat à l'arme à feu, c'est bien sûr de s'équiper d'une arme à feu.

J'ai constitué un tableau qui compare divers catégories d'armes à feu pour un usage défensif. Le tableau renseigne la portée optimale, les prix courants, le temps nécessaire pour maîtriser l'arme et leur usage tactique. Toutes ces armes ne sont pas égales dans leur utilité pour le citoyen soldat. Et dans chaque catégorie il y a des dizaines de choix possibles. Je n'ai pas la place ni la connaissance pour débattre de tous ces modèles d'armes. Les internautes passent souvent trop de temps à débattre et à conseiller sur les armes à feu. Est-ce qu'un AK est meilleur qu'un AR ? Un Glock est-il mieux qu'un XD ? En fait la plupart des marques modernes reconnues sont bonnes, et les armes à éviter sont bien connues sur internet, donc faites un peu de recherche. Une fois que vous avez trouvé une arme fiable, je vous suggèrerais de vous standardiser avec vos collègues. La seconde règle du combat à l'arme à feu, c'est d'amener tous vos amis armés.

Souvenez-vous, c'est l'Indien, et non la flèche, qui gagne le combat.

 

Portée défensive optimale

Prix [NdT :sur le marché US]
Temps d'entraînement
Usage tactique
Armes de poing

Entrée de gamme :
Glocks, XDs et revolvers d'occasion

Haut de gamme :
1911 custom, HK,
Sig


0-20 mètres
En moyenne $300 pour des modèles d'occasion fiables, jusqu'à $1000
Élevé, développer la compétence du tir au pistolet consomme plus de 1000 cartouches et nécessite un bon instructeur. Cette compétence se perd plus vite que celle des armes longues, et il faut pratiquer plus souvent.
C'est la seule arme que vous pouvez avoir sur vous dans toutes les situations requérant la discrétion. Ainsi c'est le seul choix pour les opérations normales en dehors de votre domicile. C'est une arme bien adaptée aux courtes distances.
Armes à canon lisse
Entrée de gamme
:
Remington d'occasion, Mossberg à pompe


Haut de gamme : Benelli semi-auto et Saiga


4-50 mètres
De bons modèles d'occasion à $200 ou moins, les modèles haut-de-gamme pour  $1000 mais sont utiles que pour les compétitions.
Très court, il est possible d'être un minimum compétent après une séance de tir à vide et un ou deux passages au stand de tir avec moins de 100 cartouches tirées.
Les fusils à canon lisse avec des cartouches de défense ont un potentiel destructeur élevé pour leur portée optimale mais sont moins bien que les armes à canon rayées au-delà. Ils ont de sévères désavantages en dehors d'une situation de défense du domicile.
Fusils d'assaut à canon court
Entrée de gamme
: Keltec SUB2K, AKM roumains


Haut de gamme : AR15, clones d'AK de qualité


4-300 mètres

4-100 pour les calibres de pistolet



Souvent au dessus de $500, peut-être en dessous de $300 pour un modèle d'occasion à calibre de pistolet. $2000 ou plus pour les AR haut de gamme avec optique.
Plus ou moins élevé. La défense à courte distance avec un fusil d'assaut à canon court est plus aisée qu'avec un pistolet (au-delà de 3m environ) mais leur usage à plus grande distance est plus difficile.
Les fusils d'assaut à canon court de défense sont les armes légères les plus polyvalentes qu'il soit. Ils peuvent faire tout ce que font les pistolet et les fusils à canon lisse et sont capables de toucher à plus de 50m.
Fusils d'assaut à canon long

Entrée de gamme
:
Saiga 308 CETME, FAL


Haut de gamme :
DSA FAL,
HK91,
AR10,
M1A



4-550 mètres
Souvent au-dessus de $1000 pour les modèles moyens, les modèles haut de gamme étatn facilement à $2000.Élevé, tirer rapidement plusieurs cartouches requiert plus de temps à maîtriser qu'avec un modèle à canon court et à calibre plus léger à cause du recul et tirer ces cartouches à longue distance est un travail d'artiste. Les cartouches coûtent aussi plus cher.Les fusils d'assaut à canon long sont bien adaptés pour percer le couvert tel qu'un véhicule ou un mur en brique. Ils ont le désavantage d'être encombrant et ne sont pas pratique qu'en on est dans un véhicule ou un bâtiment.
Armes militaria
50-300 mètres
Varie beaucoup selon l'état de l'arme, de $100 à $500
La durée d'entraînement pour être un minimum compétent est plutôt courte car la plupart de ces armes sont assez ergonomiques. Encore une fois, tirer à longue distance est une autre histoire.
Usage limité comparé à la plupart des armes longues à canon rayé semi-automatiques, car elles n'ont pas de grand chargeur/magasin et sont lentes à recharger ou à tirer. Il est difficile de tirer à longue distance avec.
Carabines de chasse 50-500 mètres
À partir de $300 sans optique
Pour tirer à longue distance il faut beaucoup d'entraînement, voir l'aide d'un instructeur.
Limité à cause de l'optique inappropriée pour les courtes distances, et le rechargement par levier plus lent.
22LR
N/A
(ce ne sont pas des armes pour la défense)



À partir de $100
Ces armes sont faites pour l'entraînement.
Usage minime à part comme arme de dernier ressort. Voir notes ci-dessous.

Pistolets : ceux-ci peuvent être dissimulés, c'est la seule solution quand vous avez besoin d'une arme sur vous en dehors du domicile, quand ce n'est pas a priori une situation de défense, pour le cas où. Il y a beaucoup de romantisme autour des pistolets à cause de la mythologie nourrie par Hollywood. Pour être un minimum compétent avec un pistolet, il faut passer beaucoup de temps au stand de tir et pratiquer souvent. Les munitions pour pistolet manquent de pouvoir d'arrêt par rapport à celles des fusils ou carabines et le placement des tirs est donc plus important.

Armes à canon lisse : il y a beaucoup de mythes à propos de l'usage défensif des fusils de chasse. Vous ne devriez pas dépendre du bruit du rechargement de votre fusil à pompe pour faire peur aux méchants, vous devez viser et une personne peut survivre à une blessure due à un fusil de chasse. Ceci étant dit, à moins de 30m les chevrotines en calibre 12 sont la meilleure munition pour stopper un assaillant. Les fusils de chasse requièrent moins d'entraînement que d'autres types d'armes et coûtent bien moins cher. Cependant, à cause du recul, certaines personnes ne réussiront pas à maîtriser ces armes. Les fusils de chasse sont très polyvalent grâce à la multitude de munitions disponibles.

Fusils d'assaut à canon court : selon moi, c'est l'arme la plus polyvalente. Elles sont pratiques pour tirer depuis un véhicule ou dans un bâtiment, et on peut toucher à une distance où le pistolet devient inutile. Leur principal inconvénient est leur prix. Un bon AR neuf coûte plus de $1000, mais les clones d'AK sont plus abordables.

Fusils d'assaut à canon long : ces armes semi-automatiques sont chambrées en calibre courant (souvent du 7.62x51mm OTAN, mais j'inclue aussi le 5.56 si c'est tiré d'un canon long). Les avantages sont la portée et la pénétration du couvert. Les inconvénients sont la maniabilité et le poids. Vous pouvez porter deux fois plus de munitions de 5,56mm que de .308, et sortir ou rentrer dans un véhicule et se mouvoir dans une maison est plutôt difficile avec un canon de 50cm. Il y a des versions courtes de ces armes mais c'est un compromis.

Militaria : ces fusils qui ont servis pour un usage militaire à une époque sont maintenant considérés comme un objet de collection. La plupart fonctionnent par levier, à part le M1 Garand et les SKS. Ils sont souvent plus abordables que les armes semi-automatiques modernes, mais elles sont moins performantes. Cependant, vu leur durabilité, un tireur accompli peut être une épine dans le pied des ennemis tant qu'il en connait les limites.

Carabines de chasse : elles méritent d'être mentionnées car il y en a beaucoup en circulation. La plupart ont peu d'intérêt tactique. Elles ne sauraient être comparé en performance aux armes semi-automatiques à moins de 50m. Les plus précises et durables peuvent servir pour le tir à longue distance, mais la plupart des gens n'ont qu'une idée limitée de ce qu'est vraiment le sniping.

22LR : c'est une large catégorie d'armes, que ce soit des armes courtes ou longues. Je ne recommanderais jamais celles-ci pour une arme principale. Cependant, un des buts du tireur est d'entraîner d'autres personnes à tirer et de s'entraîner. Les armes 22LR sont toutes indiquées pour cet usage. Elles servent aussi pour le petit gibier et les ravageurs.